La joie de changer

Lorsque je me suis inscrite à un cours de natation en cette fin d’été, la maître-nageuse m’a demandé ce que je savais faire. Je lui ai répondu que je maîtrisais  la brasse, et que j’étais capable de nager une distance de 1500 mètres.
Ce à quoi elle a répondu (non sans humour et bienveillance) : « c’est courageux ! Parce que vous devez vous ennuyer avec une seule nage sur une telle distance ». J’ai répondu un peu crânement par la négative, ne comprenant pas très bien ce qu’elle voulait dire.

Quand vous avez une pratique qui fonctionne bien depuis plusieurs années,  vous ne savez pas comment cela pourrait être autrement, n’est-ce pas ?

Je suis allée à la première séance avec un peu d’appréhension (« et si elle me demande de nager le crawl ? et si je suis ridicule ? »). Puis j’ai découvert des capacités insoupçonnées : je suis repartie de la première séance en ayant fait quelques longueurs de crawl, et autres exercices improbables que j’avais réussis haut la main.
Quelle joie de découvrir que j’étais capable d’autres pratiques aquatiques ! Quel contentement de comprendre que je pouvais à la fois aller plus vite, plus loin, avec plus de plaisir, en alternant différentes nages sur ma distance de pratique.

J’ai compris que depuis des années, en restant dans une routine par confort, j’étais devenue experte sur la seule nage que je pratiquais. Dans les séminaires de formation que j’anime, je rencontre majoritairement des personnes qui sont expertes sur leurs pratiques, et qui sont reconnues pour ces compétences. Elles ne comprennent pas forcément pourquoi elles changeraient leurs méthodes de travail ou leurs comportements.
Comme ma maître-nageuse, à moi de leur donner envie de sauter dans le grand bain, en sécurité, pour expérimenter de nouveaux chemins.

Mais finalement, à quoi ça sert de changer ?
Développer de nouveaux comportements (au travail, en situation de management, dans sa vie personnelle), c’est à la fois prendre conscience de la maîtrise de ses compétences, mais c’est aussi, en ajouter de nouvelles.
La joie ressentie lorsque l’on découvre ses potentiels inexplorés est source de plaisir, lui-même source de motivation…et donc de performance personnelle ou professionnelle.
Je ferai référence ici à Matthieu Ricard, qui lors d’une conférence en mai à Lyon, précisait que les émotions sont les « starters » de l’action et des comportements. Les émotions positives nous aident à explorer, créer. Les émotions négatives aident à la survie, expressions de besoins non satisfaits.

C’est dans ce sens qu’intervient Kyriel : être un catalyseur de nouveaux comportements.

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