KYRIEL
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Winston Churchill, mon héros
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Adolescente, si j’étais passionnée par le D-Day, et par Ike (le fringant Eisenhower), je l’étais moins par Winston Churchill. Il devient aujourd’hui mon héros, après la visite des « war rooms » à Londres, et de l’exposition qui lui est consacrée.

Je crois que vous serez d’accord pour reconnaître le rôle clé de Winston dans la victoire alliée contre les nazis entre 1940 et 1945. Il a d’ailleurs eu droit à des funérailles nationales en présence d’Elisabeth II : c’est un héros national.

Mais ce qui m’a frappée lors de cette visite est ailleurs, à la sortie plus exactement, une phrase sur le mur du fond, comme une conclusion.

« I felt as if
I were walking with destiny
and all my past life has been but a preparation for this hour
and for this trial
I was sure I should not fail”

“Je me sentais comme si je marchais avec le destin, comme si ma vie passée n’avait été qu’une préparation pour cette heure et ce jugement. J’étais sûr que je n’échouerai pas ».

Winston Churchill a 67 ans quand, sous sa direction, la Grande-Bretagne va, seule pendant un an (« the lonely year »), tenir tête à Hitler.

67 ans. Il est aux deux tiers de sa vie.
Il obtiendra une reconnaissance tardive, bien qu’il eût mené auparavant une vie politique et publique bien remplie (Ministre de la Marine en 1914, Ministre de l’Economie dans les années 1920, en pleine récession).  Mais son tempérament imprévisible le freine à maintes reprises, et son bilan politique est en demi-teinte à la fin des années 1930.

Enfin, après une longue traversée du désert, durant laquelle il prend conscience du danger que constituent Hitler et le nazisme, il est appelé en catastrophe par le roi George VI à la tête du gouvernement britannique le jour même où la Wehrmacht envahit la Belgique et la France, le 10 mai 1940.

Dès lors et jusqu’à la victoire, il animera avec une volonté inflexible la résistance du peuple britannique à qui il proclame sa détermination à combattre : « Je n’ai à vous offrir que du sang, de la sueur et des larmes ». Par sa puissance de travail, son obstination, sa faculté d’inspirer l’espoir — alors que les échecs se succèdent au début de la guerre — il va devenir sans conteste un des principaux artisans de la victoire alliée.

« Comme si ma vie passée n’avait été qu’une préparation pour cette heure »

Avez-vous le sentiment d’avoir un potentiel enfoui, si enfoui et caché, qu’on doute même qu’il puisse exister dans nos heures sombres *?
Vous comme moi, et pour la majorité du genre humain, nous ne sommes ni des zèbres (= précoces, ou surdoués, ou haut-potentiels), ni des dyslexiques ou autistes géniaux.
Pour ma part, je suis « normale », avec une intelligence normale, issue d’une famille et d’une éducation standards.
Bref, je ne pense pas être vouée à un destin exceptionnel à la mesure de W.Churchill.
Pourtant, j’ai le sentiment que j’ai quelque chose d’unique à apporter en ce monde. Waouh ! Je l’ai dit. J’ai osé.
Les lecteurs qui ne voient pas de quoi je parle ici ne seront pas concernés par la suite. Vous pouvez passer à un autre post.

Les autres portent cette quête en eux depuis longtemps. Cette quête est parfois douloureuse, parce que l’âge de la quarantaine s’éloignant, ils cherchent toujours cet « ikigai » (promis, prochain article sur le sujet), qui semble se dérober à eux.

A ce tournant de votre vie, vous avez 2 solutions (caricaturales je l’admets, mais on peut creuser le sujet en entretien) :

Soit vous en avez marre de ce fameux « long chemin » dont on vous parlent les coachs débutants, ou tous les bouquins de développement personnel qui fleurissent dans les Relais H des gares bondées en heures de pointe. Certes, « long est le chemin qui est sous nos pieds » (ma propre citation) mais à ce point, on a une furieuse envie de jeter l’éponge ! Et aussi tous les Psychologie Magazines qu’on a achetés.

Et revenir à la réalité. Par exemple, se réinvestir là où on est, dans son job par exemple (En plus, si on a des tickets resto…)
Bref, assez du mental sur le développement personnel et toutes ses théories sur la croissance. Reprendre un ancrage solide.

Soit vous méditez sur cette phrase de W.Spencer Churchill. Ou vous regardez encore une fois Karaté Kid. Vous savez, l’élève qui fait, refait, refait encore le même geste, pendant des semaines, des mois.
Et vous verrez alors ce qui est sous vos yeux. Vous comprendrez ce à quoi vous vous êtes entraîné depuis tout petit, toute votre vie, sans le savoir peut-être. C’est ce que l’on appellera votre singularité.
Peut-être même verrez-vous que vous avez déjà accompli votre propre « voyage du héros » (cf J.Campbell – un autre article à venir là aussi). Si vous en prenez conscience, vous toucherez un vrai sentiment d’accomplissement. Comme Winston. A votre mesure.
Les facteurs environnementaux et intrinsèques qui ont aidé Winston dans l’accomplissement de sa destinée :
- le soutien indéfectible de Clémentine Churchill auprès de son époux, ainsi que leurs enfants
- l’humour et l’auto-dérision dont il était friand

Perso, ça m’a fait du bien cette visite dans les « war rooms » : 67 ans, j’ai encore du temps devant moi !

Mes recommandations pour ce mois de septembre :

-          * A voir : « Les heures sombres » – Joe Wright – sorti en 2017

-          A lire : « Mémoires de guerre » – Winston Churchill

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