KYRIEL
Explorer les compétences
Ma nouvelle vie de co-workeuse

Il y a 3 mois, à la faveur d’un été ressourçant, j’ai pris quelques décisions pour ma professionnelle.
Pas de grandes décisions qui remettraient en question un équilibre.
Mais j’ai fait des choix.
Envie de faire autrement ce que je fais depuis 9 ans maintenant. Changer.

Parmi ces décisions, partant du besoin d’être AVEC d’autres personnes, dans un groupe, associé à la nécessité de disposer d’un lieu pour recevoir les personnes que j’accompagne dans leurs mutations professionnelles, j’ai pris un abonnement nomade dans un espace de co-working lyonnais.

Magnifique, spacieux, lumière, ouverture.
Bref, tout ce que je recherchais.
Ce matin, c’était la première fois que je venais y travailler.

D’ailleurs, j’avais aussi décidé de changer de mode de transport : TER+Tramway, plus envie d’écouter France Inter dans les bouchons pour les quelques kilomètres qui me séparent de mon lieu de travail.
J’avais consulté les horaires et le trajet, préparé mon cartable la veille.
Une vraie aventurière.

Que dire ensuite…
Que j’ai failli rater le train ?
Que j’ai choisi la porte de sortie à la gare opposée à la station de tramway ? 10 minutes perdues.
Pas très à l’aise pour choisir la place où je me sente à l’aise en arrivant sur le plateau.
Encore ¼ d’heure pour comprendre comment fonctionne la prise pour brancher mon ordinateur, à 4 pattes sous un comptoir, les cheveux en bataille.
Obligée de chausser les lunettes que je cache au fond d’un sac pour m’y reprendre à 12 fois au moins pour saisir le code wi-fi.
9h15. Voilà ¾ d’heure que je suis arrivée : ça y est, je suis opérationnelle.

Et là, trou noir. Par quoi démarrer ?
Mes routines habituelles ne fonctionnent pas ici.
Pas envie de faire une liste de tâches.
Je résiste à l’appel de ma messagerie et de mes réseaux sociaux.
Je clique, je tourne, je vire.

10h30 : je n’ai encore rien produit, rien fait.
Je me lève pour prendre un café.
Oublié les règles (pas tout retenu lors de la visite des locaux 2 semaines auparavant) : je ne sais plus si je dois payer. Allez, comme dit ma fille : je suis une « teug », je me sers une tasse de café. Personne dans les environs à qui demander. Je suis une warrior, je trouverai le sucre toute seule.

10h40. Retour à mon bureau. Je reprends mes esprits.
Je me rappelle pourquoi j’avais décidé de prendre un espace de travail en co-working. Pour faire autrement.
Alors je ris ! Je ris de voir à quel point, malgré ma connaissance des processus en action chez les individus lors de situations de changement, moi-même j’ai mis en route à mon insu des comportements de passivité (qu’on appelle couramment des résistances) qui m’ont freinée ce matin.

Oui, je suis nouvelle dans un lieu que je ne connais pas encore.
Naturellement, je vais m’ajuster au cadre, aux rituels de cet espace de travail, et je vais monter en compétences (prochaine étape : se servir de la machine à café). Et je boirai bientôt mon café avec des co-workers dont j’aurai fait connaissance.
Bienvenue chez les humains !

A quoi cette anecdote peut vous renvoyer :

Comment intégrez-vous un nouveau collaborateur ?
Comment accompagnez-vous un manager récemment promu dans sa prise de fonction ?
Comment structurez-vous les premiers pas de vos équipes lors d’un changement d’organisation ?

Une clé de la réussite de ces phases de transition : donner du temps. 

Comprendre qu’un temps d’appropriation est nécessaire. Personne ne peut être performant tout de suite, différentes phases d’ajustement par rapport à sa hiérarchie, à ses collègues sont nécessaires avant de prendre sa place.

Point de vigilance : Veiller à ce que la personne ne reste pas « coincée » sur une étape de ce processus, au détriment de son confort et de sa performance. Un accompagnement (managérial, formatif, tutorat, coaching…) prend ici tout son sens.